Iran : où en est le tourisme ?

Le tourisme se transforme en Iran et prend une nouvelle dimension. Une dynamique insufflée par les politiques mises en œuvre avant et après la Révolution islamique et cristallisée par l’arrivée du réformateur Hassan Rohani à la tête du pays. Quels sont les facteurs à l’origine du renouveau touristique en Iran ? Comment jauger son potentiel ? Décryptage avec Richard Vainopoulos, président fondateur du réseau d’agences de voyages TourCom.

Un secteur longtemps marginalisé

Par ses choix politiques, l’Iran s’est presque toujours refusé à prioriser son industrie touristique. Ce secteur n’a d’ailleurs pris son envol que récemment, vers 1988 et à la fin de la guerre imposée par l’Irak. Mais le facteur politique ne suffit pas à lui seul pour expliquer la marginalisation du tourisme iranien. En effet, les grandes crises qu’a connues le pays ces trois dernières décennies ont mis ce secteur déjà essoufflé à genoux.

L’année 2013 et l’arrivée au pouvoir d’Hassan Rohani marquent un tournant dans l’histoire du pays. Les tensions avec l’Occident se sont apaisées et le tourisme en a largement profité. Chiffre à l’appui : le nombre de touristes est passé de 3.354.000 en 2011 à 4.769.000 en 2013, soit une augmentation de 42% en deux ans. Cependant, cette hausse spectaculaire n’est que relative dans la mesure où elle ne concerne que les touristes asiatiques.

Le renouveau

Replacé sur le devant de la scène, le tourisme connait un essor sans précédent en Iran. Les acteurs locaux et internationaux se repositionnent sur le créneau et l’arrivée graduelle de touristes occidentaux tend à prévoir une croissance exponentielle des chiffres du tourisme.

En ce qui concerne le potentiel du tourisme iranien, le WTTC (World Travel and Tourism Council) prévoit que l’Iran devrait dépasser la barre des 5 millions de touristes annuels dans les toutes prochaines années. Par ailleurs, ses douze sites inscrits au patrimoine de l’Unesco, ainsi qu’un site à inscrire au titre de huitième merveille du monde, font de l’Iran l’une des destinations touristiques les plus attractives de la sous-région.

Le bilan

L’industrie du tourisme iranien se porte de mieux en mieux, mais beaucoup reste à faire. La modernisation des infrastructures hôtelières et des réseaux de transport, la facilitation des flux bancaires sont autant de chantiers qui attendent les acteurs concernés.

Enfin, les restrictions d’ordre culturel ou religieux – le port du voile est obligatoire pour les femmes et l’alcool est interdit – sont autant de freins au tourisme de masse auquel aspire le pouvoir en place. En revanche, l’Iran offre les meilleures garanties sécuritaires aux touristes étrangers dans un Moyen-Orient agité.